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20-08-2011 Spéléo au Puits du Bret (réseau Vitarelles)

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20-08-2011 Spéléo au Puits du Bret (réseau Vitarelles)

TPST: 38 heures / 120 m

Chonchon – Roro (CRAD) Guy – Nadir – Philippe – JF – Florian – Daniel -Erich – Carmen et les autres

Tout d’abord un grand merci à Nadir et à Guy pour leur accueil pendant ce camp PUITS DU BRET 2011.
C’est une cavité qui a fait beaucoup parler d’elle, l’encre aura aussi beaucoup coulée à son propos. Tantôt pour souligner le caractère dramatique des évènements, puis pour mettre en exergue l’héroïsme des sauveteurs pour s’inscrire pour finir dans la page des faits divers. Nous étions tous concernés, et fixés sur nos téléviseurs et sur nos radios pour suivre les progrès des équipes de secours, un peu comme ce fût le cas à la Pierre Saint-Martin pour sauver Marcel Loubens. Et puis, l’intérêt des médias allant en s’estompant, le public finissant par se lasser de ces histoires de grotteux, notre cavité est retournée au silence et à l’oubli du plus grand nombre…


Et puis au détour du dernier bulletin du CDS 46 (très très bien fait au demeurant), j’écris à Alexandre un ami lotois de longue date, pour savoir comment me procurer ledit bulletin. Alex me répond gentiment, et m’informe qu’un camp au PUITS DU BRET est ouvert aux spéléos qui veulent bien se donner la peine de venir. Puits du Bret ?? Qu’est-ce ?? Il s’agit du puits par lequel les rescapés des Vitarelles sont sortis du trou au bout de 11 jours en novembre 1999 !!!
Alors, à ces mots le corbeau ne se sent plus de joie, il ouvre un large bec…..et informe Chonchon pour lui demander si d’aventure, il serait tenter par cette petite promenade. En deux temps trois mouvements, nous confirmons notre venue à Nadir et à Guy qui supervisent le camp.
Nous arrivons le samedi 20/08 de bon matin, pour l’occasion, il fallait se lever à 6 heures du matin pour être à pied d’œuvre à 8h30. Nous sommes à l’heure, présentations et préparation pour une excursion dans l’extrême amont du réseau (le Chaos du Loze). Nous allons en prendre plein les mirettes, nous sommes en compagnie de Guy qui a ouvert le passage jusqu’à la rivière . Pendant toute le journée nous crapahutons, certes, mais de manière très variée, tout d’abord le boyau qui suit le premier puits. Une bauge idéale pour se bauger, comprenez se vautrer dans la boue liquide, avec à la clé un passage bas, pour mieux apprécier. Guy nous précise que c’est mieux maintenant qu’avant. Ensuite petit enchaînement de puits P41, P4, P8, P11, P13, puis le dernier P28 qui débouche au plafond d’une salle gigantesque. Lorsque Guy et Nadir se trouvent en bas du cône d’éboulis, il doit y avoir au moins 60-70 mètres de vide. Nous posons le pied sur un tas de boue, puis nous remontons un peu sur le haut de la butte, ensuite descente vers la rivière. Les marches taillées dans l’argile se liquéfient sous l’effet des fréquents passages, ce qui transforme le passage en piste pour luge à glaise. Dans la descente, nous empruntons la direction de l’amont matérialisée par une corde partant sur la droite. Nous prenons pied dans la rivière. La taille de la galerie est grandiose, minimum 20 mètres de plafond, largeur 6-7 mètres, et l’eau qui coule, alors qu’en surface c’est la canicule. Nous marchons avec de l’eau jusqu’aux chevilles, puis aux genoux, à certains endroits jusqu’à la taille. Ensuite, changement de moyen de locomotion, nous embarquons dans les canots, presque chacun le sien, Chonchon et Nadir embarquent ensemble, mais à mi-parcours, ils nous appellent à l’aide, leur embarcation prend vraiment l’eau. Nadir embarque sur mon canot, et nous avançons. Ensuite, petite partie à pieds, histoire de se dégourdir les jambes, qui s’ankylosent sur les canots. Puis ré-embarquement, nous avons parcourus une bonne distance sur nos embarcations. Nous débarquons, et cette fois, nous attachons les canots, nous poursuivons à pieds dans l’actif, puis nous bifurquons dans l’affluent Kupieck, pour ramper à travers des blocs dans une très grande trémie. Nous franchissons le passage Kupieck, puis nous remontons sur l’éboulis qui précède ou qui constitue le chaos du Loze. C’est à cet endroit que Guy et Nadir ont repéré une escalade à faire. Cela ne donne rien, nous avançons encore, nous fouinons un peu partout, nous retrouvons le dernier point topo, et nous rajoutons 80 mètres de première. Après tous ces petits travaux, il est temps de rentrer, nous avons le camp à installer, nous partons dons vers l’aval et la sortie. Re-canot, re-rivière, re-bas du puits plein de boue, et re-puits. Nous avons laissé Nadir et Guy partir devant, histoire de ne pas trop les retarder… Pour nous, la remontée est beaucoup plus lente, mais cela remonte. Allez les premiers puits sont remontés, maintenant, nous arrivons à la « bauge », on ressort crottés jusqu’aux oreilles, la consigne et l’aménagement du site, sont prévus à cet effet. Une large « bassine » d’eau est à disposition pour se brosser avant de remonter le dernier puits, pour éviter de tartiner la corde avec la glaise. Petite ablutions, puis remontée du puits d’entrée. Nous sortons, il est 20 heures, nous venons de réaliser 10 heures de TPST pour le premier jour.
Dimanche, nouveau programme, nous partons cette fois, vers l’aval du réseau, vers la salle du cône. Le même chemin que la veille, avec petite nouveauté, la corde qui glisse entre les mains en raison de la glaise, délicieuse sensation à la descente… Arrivés en bas des puits, les pieds dans l’eau, nous sommes partis. Par rapport à hier, pas de tour de bateau, mais beaucoup de passage de fil clair, que nous passons en vire, alors qu’il suffisait de les passer avec les pieds dans l’eau en tenant simplement la corde avec une main. Résultat, beaucoup, beaucoup d’efforts pour peu de résultats. Un peu avant les échelles 24, Carmen nous lâche et s’en retourne seule vers la surface. Nous poursuivons notre découverte du réseau, le grand canyon est splendide, le calcaire blanc est de toute beauté. Nous rencontrons une nouvelle vire très sportive, Chonchon se lance à l’assaut et dépense vraiment énormément d’énergie pour sortir à l’autre extrémité… Nous continuons encore et encore avant de tomber sur une corde partant au plafond. Erich remonte le puits, la sortie est vraiment très acrobatique, et comme nous avons déjà dépenser beaucoup d’énergie, nous décidons de nous arrêter là avec Chonchon. Après un conciliabule avec Erich, nous décidons de sortir. Chonchon, se transforme en ogre sur le retour en réclamant avec insistance une pause pour bouffer : »j’ai faim moi, mer…. » On ne fait pas entendre raison à un ventre affamé, c’est bien connu, alors nous nous arrêtons et nous prenons notre déjeuner sur une plage de galets. Nous passons au retour en dessous du bivouac des « survivants », l’endroit où nos amis spéléos de 1999 avaient trouvé refuge, avant l’arrivée des secours par le puits du Bret. Pour la remontée des puits, j’innove, ou pour le moins, je réfléchis et je monte sur le bon pied le bloqueur du même nom, prévu pour être mis en place sur le pied gauche. Eh bien, c’est par pour dire, mais là, ça marche nettement mieux, dire que je remonte comme une fusée serait peut être exagéré, mais je remonte au moins à la vitesse d’une fusée dotée d’un moteur diesel !!! C’est toujours mieux qu’hier, la remontée du P28 la tête levée vers le plafond pour apercevoir le petiot trou de départ…. Allez, après notre bain quotidien dans la bauge, nous passons à la bassine pour nous décrotter, c’est devenu un rituel. Mettez de côté l’odeur de charogne de l’eau dans laquelle un animal a dû se noyer, on pourrait presque utiliser cette eau pour se rafraîchir le visage ??? Remontée du dernier puits et sortie à 16h30, nous avons passé 6,5 heures sous terre. Lundi, nous ne ferons qu’une petite descente du P41 et nous ferons une petite série de photos, nous remontons tranquillement, après 2,5 heures passées sous terre.
Côté organisation, ce séjour était vraiment sympathique. Chaque arrivant prévoyait un plat régional pour nourrir la collectivité, j’ai apporté l’aligot-saucisse, Philippe a enchaîné avec un cassoulet, puis Chonchon nous a préparé des andouillettes au Vouvray, le grand luxe en somme.
Côté nettoyage du matériel, Guy nous a prêté sa brosse révolutionnaire, capable de nettoyer le matos entièrement crotté d’un spéléo lambda en moins de 10 minutes chrono, presque….
Côté nettoyage du spéléo, là c’est moins performant, c’était plutôt ambiance Coume, groupe de pointe, si vous voyez ce que je veux dire, alors, à peine rentrer à la maison, avant même de commencer à ranger le matos, on se précipite sous la douche. Un super séjour, une cavité que nous avons découvert que dans une infime partie, et qui appelle de prochaines visites et expéditions.

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