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Deuxième point photo

Petit d’expérience sur la photographie numérique en spéléo

 

Le retour d’expérience nous amène à retenir ces quelques points :

Les flashes électroniques WiFi (2,4 GH) :
Ce type de flash semble être la solution idéale pour réaliser des photos spéléo sans trop de soucis. Les avantages sont multiples :

  • Déclenchement de plusieurs flashes au même moment
  • Possibilité de cacher les flashes
  • Possibilité de moduler la puissance des flashes
  • Possibilité de mettre en place des déflecteurs
  • Détacher les personnages des flashes (c’est plus naturel) Les personnages peuvent être tourner vers l’objectif (de 3/4 si possible).

Les “flashmen” n’ont plus besoin de déclencher les flashes ; c’est le photographe qui gère tout.

Le Nombre Guide qui caractérise la puissance des flashes photo est l’élément clé de la photo spéléo. Pour les flashes que nous utilisons, cette valeur est de 58 ! (pour 100 ISO). La formule photométrique qui encadre les flux lumineux en photographie, nous précise qu’il faut multiplier cette valeur par 2 pour 200 ISO, par 4 pour 400 ISO, etc.
La formule clé qu’il faut impérativement retenir est :

NG = f . d

Dans cette formule, d représente la distance objet / flash et f l’ouverture de la focale de l’objectif.

L’un des principe de base de la photo repose sur la profondeur de champ. Il s’agit en fait de la distance sur laquelle la photo est nette (sorte de zone de netteté). L’œil (humain) est un objectif très puissant qui donne une excellente image de ce qu’on veut bien voir. Malgré une longueur, l’œil nous permet de voir net de près et de loin.
Pour obtenir une image nette, de près comme de loin, il faut que le diaphragme de l’objectif se ferme.

Plus je ferme le diaphragme, plus j’augmente la profondeur de champ. En spéléo, cette notion est importante compte de tenu des volumes souvent restreint.

Ce soucis impose donc d’avoir beaucoup de lumière. Deux choix s’offre à nous :

  • soit on descend sous terre avec trente kilos de batteries et de spots
  • soit on pousse les ISO.

En argentique, le soucis de la photographie spéléo bloquait spécifiquement sur ce point précis. A l’époque, les films ne donnant pas de grains étaient le 100 ISO et le 200 ISO. On utilisait alors des flashes magnésiques de très fortes puissances pour obtenir LE cliché de l’année.

Rappelons que le nombre d’ISO représente la rapidité à laquelle le film ou le capteur est impressionné.
un capteur ou un film à 100 ISO est deux fois moins rapide qu’un 200 ISO. Pour les fabricants de films argentiques, la technique consistait simplement à augmenter la surface des grains photosensibles sur la pellicule. Le résultat au tirage est sans appel : à 400 ISO, on voit nettement les grains; bref, c’est pourri.

Capture du 2016-03-13 18-44-08

En ce qui concerne la technologie numérique, le pixel a toujours la même taille. Par conséquent, nos règles bien maîtrisée vont à la poubelle.

Le principe a retenir est le suivant en numérique :
Les appareils numériques permettent aujourd’hui de pousser les ISO beaucoup plus loin qu’à l’époque de l’argentique. La taille du grain en argentique a son pendant pour le numérique : le bruit.
Plus on pousse les ISO, plus on s’approche du risque de créer des perturbations autour de chaque pixel : c’est le bruit. Le photon doit créer un électron plus ou moins chargé, plus on charge cet électron, moins on maîtrise sa stabilité de charge.

Bref, on l’aura compris, sous terre avec un appareil réflex numérique, on peut pousser les ISO.
Pour les NIKON D40 et D60, on ne pourra pas aller au-delà des 400 ISO.
Pour le NIKON D90 ou le CANON 1200D, on pourra aisément travailler en 800 ISO sans trop de craintes.

On remarque tout de suite qu’avec de telles valeurs, on multiplie d’autant la puissance des flashes.

Autre point particulier, la compression automatique des photos directement dans les réflex pourrit largement la qualité des photos. Le seul format qui permet de préserver la qualité des photos reste le format RAW. Ce format permet à chaque pixel d’être quasiment unique. A charge pour le photographe d’avoir un logiciel permettant de gérer ce type de fichier (autre sujet).

Premier bilan :

  • un APN REFLEX travaillant au format RAW
  • un APN REFLEX qui travaille aisément en 400 ISO
  • des flashes électroniques puissants (NG~58 en 100 => NG~232 en 400 ISO)

Du point de vue des objectifs, la règle sous terre impose au photographe de NE JAMAIS changer d’objectif sous terre. Il faut donc partir avec le bon objectif dès de la départ.
En règle général, nous partons avec un objectif relativement standard, un 18-55/3,5-5,6 avec une gestion de l’autofocus (AF). Cet objectif couvre la plupart des cas en photographie souterraine.

Maintenant, il faut choisir un appareil qui puisse nous permettre de faire des agrandissements qui soit regardables. La règle générale est la suivante : plus il y a de pixel, plus l’image est précise.
Par exemple, la télévision des années 80 avait une définition de l’ordre de 384×288. Oui, je confirme, même si j’ai un grand écran, le nombre de points n’augmente pas, par contre la tailles des points augmentent au point de former une image pourrie.
Aujourd’hui, la télévision a adaptée le format HD, c’est à dire 1940×1080 ; résultat, l’image est de bonne qualité. Les nouvelles technologies commencent à venir avec les écran 4K c’est à dire 4 fois plus de pixels, soit 3880×2160, et ce quelque soit la taille de l’image.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas la taille qui fait la qualité d’une image, mais le nombre de pixels.

Pour faire un agrandissement, il faut maintenant se pencher sur les standards utilisés en imprimerie. Le standard utilisé en reprographie est 150 ppp soit 150 pixels par pouce. Le pouce vaut 2.54 cm.

Petit calcul :
Un poster 70 x 50 c’est bien, mais ça fait combien de pixels ?

70 cm => 70 x 150 / 2,54 = 4133 pixels
50 cm => 50 x 150 / 2,54 = 2952 pixels
Combien ça fait de pixels tout ça : 4133 x 2152 = 12 200 616 pixels soit 12 MPixels

Ouille, le capteur des D40 et D60 sont trop courts.

Ce simple petit calcul montre rapidement les limitent des premiers APN réflex.

Deuxième bilan :
Il faut se rendre à l’évidence, les belles photos sous terre doivent utiliser des APN Réflex avec un capteur d’au moins 12 MP.

Du point de vue du matériel, nous avons fait le tour.

Résumons-nous :

  • 1 APN RÉFLEX de 12 MP avec un format RAW et des ISO supérieur à 400 ISO au moins
  • 1 objectif 18-55/3,5-5,6
  • des flashes électroniques WiFi

Pour parfaire le tout, l’outil indispensable aux belles prises de vue : Un pied stable et solide.

Pour le transport de tout ça, j’utilise la valise étanche et antichocs transportée dans un kit situé entre SHERPA et kit standard.

Mise en situation :

  1. Photographie d’une salle
    • Objectif : 18 mm (grand angle)
    • Ouverture par défaut à 7 ou 8 pour commencer (profondeur de champ correcte)
    • “Sensibilité” du film (rapidité) : 400 ISO
    • Format RAW (je n’ai pas de perte de qualité sur l’original et je pourrai faire des bricolage à ma guise ensuite)
    • Flaches disposés à quelles distances des parois et des personnages ?
    • NG des flashes = 58 x 4 = 228
      • 228 / 7 ~ 30 m à oui, quand même !
      • Je fais une première prise et regarde le résultat
        • si trop éclairé; je ferme de diaphragme, de 7 je passe à 8 ou 10
        • si trop sombre, j’ouvre le diaphragme, de 7 je passe à 5,6
      • Autre solution, j’abaisse la puissance des flashes :
        • 1/2 pour les flashes soit NG=114 !
        • je refais les calculs d’approches 114/7~16 m!

Cuzoul de Sénaillac - Vélodrome

Attention, la couleur des parois influe directement sur la puissance des flashes !

A vous de jouer.

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